
Les pierres de l’ancienne abbaye de Saint-Mathieu ont traversé les siècles.
Elles ont entendu les chants des moines, les colères de l’océan, les tempêtes venues du large et le silence laissé par le temps.
Aujourd’hui, deux silhouettes avancent côte à côte.
L’une porte la robe brune des monastères d’Occident.
L’autre est vêtue du safran des temples d’Orient.
Tout semble les opposer.
Leurs langues, leurs traditions, leurs rites et leurs histoires sont différents.
Pourtant, leurs pas résonnent de la même manière sur ces dalles usées.
Ils ne cherchent pas à convaincre.
Ils ne cherchent pas à convertir.
Ils marchent.
Simplement.
Car au-delà des croyances, il existe un langage que tous les hommes comprennent : celui du silence, de la contemplation et du respect.
Au-dessus des ruines, le phare de Saint-Mathieu continue de guider les marins.
Peut-être rappelle-t-il aussi que toutes les quêtes spirituelles, quelles que soient leurs origines, cherchent finalement la même lumière.
Et que les chemins les plus différents peuvent parfois conduire au même horizon.
Ici on ne parle pas de religion mais de rencontre. On ne dit pas que toutes les croyances sont identiques ; on montre simplement que deux hommes peuvent partager un même chemin sans renoncer à ce qu’ils sont.