Pendant des siècles, le phare de Ploumanac’h n’a eu qu’une seule mission : guider les marins entre les chaos de granit rose et les courants de la Manche. Rien ne semblait pouvoir troubler sa veille.

Puis, un jour, quelque chose changea.

Des lumières apparurent dans le ciel. Silencieuses. Immobiles. Elles n’étaient ni des étoiles, ni des avions. Elles observaient.

Peu à peu, d’étranges créatures émergèrent des profondeurs. Mi-crustacés, mi-machines, elles avancèrent lentement sur les rochers, comme si elles reconnaissaient déjà cet endroit. Chacune était différente, façonnée par une intelligence inconnue, avec des yeux bleus étincelants qui semblaient sonder le monde.

Étrangement, elles ne montraient aucune agressivité.

Les habitants s’approchèrent, fascinés plus qu’effrayés. Les appareils photo remplacèrent les jumelles, les murmures remplacèrent les cris. Personne ne comprenait ce qui se passait, mais tous avaient la certitude d’assister à un événement qui dépasserait bientôt les légendes.

Le phare, lui, demeurait impassible.

Comme s’il avait toujours su que ce jour finirait par arriver.

Car peut-être que les phares n’ont jamais été construits uniquement pour les marins. Peut-être étaient-ils aussi des balises destinées à guider d’autres voyageurs, venus d’horizons que nous ne pouvons encore imaginer.

Et si Ploumanac’h n’était pas le bout du monde…

Mais le commencement d’un autre.